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Les Renouées asiatiques

Renouée du Japon - Reynoutria japonica Houtt., 1777

Renouée de Sakhaline - Reynoutria sachalinensis (F.Schmidt) Nakai, 1922

Renouée de Bohême - Reynoutria x bohemica Chrtek & Chrtkova, 1983

Renouée du Japon (Reynoutria japonica)

Les berges envahies s’érodent, l’épuration naturelle se réduit

 

La Renouée du Japon est sur la liste des 100 espèces envahissantes les plus préoccupantes pour l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Elle, et ses proches parentes, la Renouée de Sakhaline et la Renouée de Bohême, sont trois grandes plantes, dotées d’une redoutable productivité végétale. En effet, en une saison de végétation, elles peuvent produire des tiges de 3-4 m et des rhizomes souterrains pouvant s’étendre jusqu’à 10 m en surface et 3 m en profondeur. Ce qui explique leurs capacités à former rapidement des massifs denses et étendus.

La Renouée du Japon se distingue par ses petites feuilles tronquées et ses tâches rouges sur la tige, la Renouée de Sakhaline par ses grandes feuilles en forme de cœur à la base et ses tiges immaculées, la Renouée de Bohême, qui est l’hybride des deux autres, a des caractères intermédiaires. Les graines de Renouée du Japon, sensibles au gel, étaient rarement viables mais des études récentes ont montré que l’hybride produit quantité de graines fertiles, qui lui permettent de coloniser efficacement les rives.

Toutes les Renouées asiatiques se propagent par bouturage de tige ou fragmentation de rhizome. Un simple fragment de moins d’un gramme est suffisant pour reconstituer un nouveau massif. Les Renouées asiatiques affectionnent les berges de rivière et les zones alluviales où les sols sont humides et riches. Ce sont des plantes pionnières qui s’installent préférentiellement sur les terrains remaniés.

Leurs massifs étouffent la végétation des rives par leur densité et les substances toxiques émises par leurs racines, ce qui accentue la dégradation des berges : la repousse des arbres est impossible, les tiges meurent en hiver laissant du sol nu exposé à l'érosion, enfin la masse des tiges sèches accroit l’impact des embâcles lors des crues… Ces peuplements monospécifiques sont peu hospitaliers pour les insectes et désertés par la faune qui consomme les insectes (amphibiens, chauves-souris, oiseaux), ils constituent donc des écosystèmes pauvres en biodiversité.

Les Renouées asiatiques posent aussi des problèmes aux activités humaines comme la pêche, la randonnée ou l’agriculture, dégradent les infrastructures et constituent un mur végétal uniforme et sans horizon. Sur le plan économique, elles engendrent des coûts supplémentaires de traitements répétés pour la consolidation des berges, l’entretien des bords de routes, des ouvrages et des sites touristiques, la gestion des sites naturels, l’entretien des parcelles agricoles ou des plantations forestières. On constate même, en Angleterre, une dépréciation de la valeur des actifs immobiliers et des terrains à bâtir liée à la présence de la Renouée du Japon.

 

Plantes originaires de l’Est de l’Asie, elles apparaissent en Europe au 19ème siècle pour l’horticulture. Elles s’échapperont des serres et jardins vers le début du 20éme siècle pour une phase d’expansion massive, toujours d’actualité. Déjà présentes en France sur la totalité du territoire, leur présence est plutôt cantonnée aux zones fréquentées, cultivées ou aménagées et aux cours d’eau remaniés.

En Midi-Pyrénées, les trois Renouées sont présentes mais leur répartition est mal connue. On les rencontre surtout le long des grands fleuves (Adour, Gaves de Pau et de Cauterets, Garonne, Lot, Gers…) et dans le piémont pyrénéen où le climat est plus humide. Elles se rencontrent aussi plus haut en montagne (jusqu’à 1400 m) le long des torrents, en lien avec des apports de terre contaminée, des plantations privées ou la fréquentation touristique.

 

La principale action à mettre en œuvre est la prévention. Pour cela, il faut veiller à empêcher toutes dispersions involontaires en imposant le nettoyage des équipements avant l'arrivée sur le chantier, en s'assurant de l'absence de rhizomes de Renouée en cas d'apport de terre et en sensibilisant intervenants, riverains et usagers. Il convient également de créer des conditions défavorables à l’installation des Renouées : préservation et renforcement du couvert végétal existant, limitation des ouvertures et de la mise en lumière en forêt, notamment en vallées alluviales ou en bord de berges (proscrire les coupes à blanc).

Parallèlement, aux abords ou en aval des zones envahies, il faut accompagner la reconstitution de la forêt le long des berges, ne pas utiliser d’engins de coupe ou broyage qui dispersent les fragments, recueillir tous les résidus de coupe et privilégier le stockage et la destruction sur place (séchage et incinération), ne pas composter les résidus, proscrire toute utilisation de terre contaminée par les rhizomes, nettoyer les roues et les équipements après travaux, sur place, pour éviter le transport de fragments clandestins vers de nouveaux sites.

Plusieurs méthodes de lutte peuvent être combinées : l’arrachage manuel des plantes et de la totalité des rhizomes, le fauchage intensif et répété jusqu’à épuisement de la plante (toutes les 3 semaines de mai à septembre sur plusieurs années), le pâturage, le bâchage (sur plusieurs années) et la lutte chimique (dans le respect du cadre réglementaire). L’utilisation d’insectes pour affaiblir la plante est à l'étude.

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