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Le Raisin d'Amérique

Phytolacca americana L., 1753

Raisin d'Amérique (Phytolacca americana)

Une plante toxique pour la faune sauvage et domestique

 

Le Raisin d’Amérique se reconnaît facilement grâce à ses grappes dressées de fleurs blanchâtres ou à ses grappes de petites baies noires et juteuses qui se penchent sous leur propre poids . Le Raisin d’Amérique est une plante vivace avec une forte racine tubéreuse dont émanent une ou plusieurs tiges de 1 à 3 m de haut. Ses feuilles, grandes, alternes et vertes, sont portées par une forte tige qui rougit lors de la croissance. Par sa robustesse, il se confond avec un arbuste.

La floraison débute en juin et se prolonge jusqu’à l’automne. Le Raisin d’Amérique fructifie dès la première année et peut produire plusieurs centaines de baies par individu. Les fruits sont consommés par certains oiseaux (étourneau, merle, grive, tourterelle, pigeon…), qui disséminent les graines. Fortement toxique, la plante n’est pas consommée par les cervidés et des cas de mortalité sont rapportés pour le porc, le cheval, la vache, le mouton… Sa toxicité touche aussi les Gastéropodes (limaces, escargots…) et sa présence est suspectée de pouvoir intoxiquer la faune du sol et des eaux localement. La plante se rencontre généralement dans les milieux remaniés (abords des habitations, friches industrielles et urbaines, talus, bords de route…), dans les cultures de maïs et en milieux naturels (berges de rivière, haies, coupes et lisières forestières…). Le Raisin d’Amérique est une plante de pleine lumière.

C’est dans les forêts sablonneuses ou acides, bien alimentées en eau, que se manifeste une forte dynamique de colonisation. Il a été constaté des explosions de Raisins d’Amérique dans le massif de Fontainebleau à la faveur de coupes mettant en lumière le sous-bois. Le Raisin d’Amérique a une importante productivité (entre 6 et 11,5 tonnes de matière sèche produite par hectare), équivalente à celle de la Fougère aigle. Son taux de germination est élevé et les graines parviennent à germer en forte densité (jusqu’à 592 plantules par m2, en laboratoire). Les graines resteraient viables plusieurs dizaines d’années dans le sol et il est possible que la banque de graines soit sous-estimée en forêt, ce qui pourrait expliquer les germinations qui se déclenchent lors de passages d’engins dans le sous-bois ou lors de l’ouverture des peuplements.

 

Originaire d’Amérique du Nord, le Raisin d’Amérique est arrivé en Europe en 1650 et on rapporte son acclimatation en France vers Narbonne en 1765 et sa présence envahissante dans un bois près de Tarbes en Hautes-Pyrénées en 1809. Il a été introduit comme plante décorative et planté comme plante utilitaire. En effet, ses fruits ont été utilisés pour teinter le vin, avant que cette pratique ne soit considérée comme une fraude et sa toxicité découverte.

 

Il est déconseillé de planter du Raisin d’Amérique. En cas d’envahissement, le Raisin d’Amérique peut être contrôlé en intervenant avant la formation des fruits (fin juin-début juillet), soit pour retarder son développement par la fauche et le gyrobroyage, soit directement par arrachage manuel avec extraction de la racine. La fauche et le gyrobroyage permettent de différer l’arrachage des racines, seule méthode permettant d’éliminer définitivement les individus. Ces opérations pourront être complétées par un arrachage des semis en septembre. Son éradication nécessite un arrachage annuel jusqu’à épuisement de la banque de graines.

En contexte forestier, une fois que le sous-bois pourra à nouveau lui faire de l’ombre, le Raisin d’Amérique aura du mal à germer. Sinon, pour les peuplements forestiers à risque (sur sols sableux, acides et humides), il est recommandé de mettre en place un suivi des opérations de régénération, afin de pouvoir planifier des opérations de contrôle et ne pas réalimenter la banque de graines.

Après intervention, les racines doivent être séparées des tiges ; s’il y a des fruits, les résidus pourront être incinérés sur place ou laissés en tas bâché sur un espace restreint, afin de limiter au maximum la dispersion des graines. Les engins utilisés dans les zones envahis doivent être nettoyés sur place, pour ne pas propager de graines sur d’autres chantiers.

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