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Qu'est-ce qu'une plante exotique envahissante ?

 

Buddleja du père David (Buddleja davidii) – © J.Dao/CBNPMPBuddleja du père David
Ailanthe (Ailanthus altissima) – © M.Fontaine/CBNPMPAilanthe

Une plante exotique envahissante est une plante introduite par l'homme, volontairement ou involontairement, en dehors de son territoire d'origine, et dont les populations s'accroissent spontanément et colonisent rapidement le territoire d'introduction, pouvant avoir des conséquences négatives sur les écosystèmes, les milieux naturels et les espèces indigènes.

 

La faune et la flore exotique envahissante sont aujourd’hui considérées comme l’une des principales causes de disparition de la biodiversité mondiale.

Toutes les plantes exotiques rencontrent des difficultés pour s'installer hors de leur région d'origine. On estime que sur 1 000 plantes introduites, 100 arrivent à se maintenir sans l'aide de l'homme, 10 parviennent à former des populations stables et 1 seule devient envahissante. A chaque difficulté rencontrée, les sujets les plus aptes à survivre localement sont sélectionnés. Ce processus permanent d’évolution rend les populations introduites souvent bien différentes des populations d’origine. Au fil des étapes de la sélection, après plusieurs dizaines d'années, certaines plantes exotiques se font discrètes ou disparaissent, d'autres deviennent envahissantes, conquièrent de nouveaux territoires, ont un développement incontrôlable et des impacts multiples.

Les plantes exotiques envahissantes peuvent provoquer ainsi de sérieux dérèglements écologiques et engendrer parfois des problèmes économiques voir sanitaires. Ces plantes exotiques ne sont pas à confondre avec les plantes indigènes qui peuvent prolifèrer les milieux remaniés (champs, jardins...). Les plantes indigènes, comme l’ortie, la ronce et le liseron ne sont que temporairement envahissantes, car maîtrisées naturellement par les maladies, les prédateurs ou les plantes concurrentes présents dans leur environnement.

 

Jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) – © M.Fontaine/CBNPMPJussie à grandes fleurs
Balsamine de l'Himalaya (Impatiens glandulifera) – © J.Dao/CBNPMPBalsamine de l'Himalaya
Myriophylle aquatique (Myriophyllum aquaticum) – © M.Fontaine/CBNPMPMyriophylle aquatique

Un danger pour la faune, la flore et les écosystèmes locaux

Dotées de capacités de reproduction, d’adaptation et de dispersion efficace, d’une vigueur singulière (croissance rapide, productivité végétale importante, toxicité) et d’un nombre réduit ou nul de prédateurs, les plantes exotiques envahissantes sont de redoutables concurrentes pour les plantes locales, consommant la lumière, les ressources du sol, et allant jusqu’à transformer les paysages et à appauvrir l’ensemble de la biodiversité. Les répercussions peuvent être catastrophiques et irréversibles : disparition d’étangs envahis, colonisation de prairies et pâturages, disparition locales d’espèces animales ou végétales fragiles, érosion des berges de cours d’eau, frein à la régénération forestière, perte de l’identité paysagère et fragilisation des écosystèmes…

 

Renouées asiatiques (Reynoutria sp) - © J.Dao/CBNPMPRenouées asiatiques
Cerisier tardif (Prunus serotina) – © J.Dao/CBNPMPCerisier tardif
Herbe de la pampa (Cortaderia selloana) – © J.Dao/CBNPMPHerbe de la pampa

Un coût pour les contribuables et l’économie

Les impacts économiques des plantes exotiques envahissantes sont mal connus car le chiffrage est difficile. Les impacts doivent prendre en compte les pertes économiques pour les activités humaines (baisse de rendement des cultures, évolution de la fréquentation des espaces de loisirs, perte d’usage des terrains envahis…), les surcoûts des mesures de contrôle (entretien des bords de route, restauration et replantation des berges, traitements des cultures envahies, enlèvement des envahissantes aquatiques…), les surcoûts liés à la dégradation des écosystèmes (fragilisation des milieux aquatiques, fragilisation de la couverture des sols, dégradation de la qualité des eaux…) ou à l’augmentation des frais sanitaires…

Quelques chiffres des impacts engendrés par les plantes exotiques envahissantes : En Angleterre, le coût annuel du traitement des 30 principales envahissantes agricoles atteint 110 millions d’euros ; au niveau européen, le coût annuel des dommages et frais de gestion des envahissantes atteint 3740,8 millions d’euros dont 1 200 millions d’euros liés aux pertes de rendements dans les cultures, plus 25 millions d’euros annuel de surcoûts liés aux envahissantes aquatiques.

 

Seneçon du Cap (Senecio inaequidens) – © J.Dao/CBNPMPSeneçon du Cap
Ambroisie à feuilles d'armoise (Ambrosia artemisiifolia) – © J.Dao/CBNPMPAmbroisie à feuilles d'armoise
Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) – © J.Dao/CBNPMPBerce du Caucase

Une menace pour la santé humaine et animale

L’Ambroisie à feuilles d’armoise est à l’origine d’allergies et d’affections cutanées ou respiratoires sévères par son pollen. 6 à 12 % de la population serait allergique au pollen d'Ambroisie. Les coûts médicaux associés pourraient atteindre 225 millions d’euros par an en Europe. La Berce du Caucase provoque de graves lésions cutanées, ce qui empêche l’accès des sites envahis au public. D’autres plantes toxiques provoquent des empoisonnements du bétail, comme le Sénéçon du cap, le Raisin d’Amérique ou le Datura stramonium …