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Quelle végétation privilégier pour empêcher le développement des ambroisies sur un terrain envahi ?

Ambroisie à feuilles d’Armoise (Ambrosia artemisiifolia) - ©J. Dao/CBNPMP

Une équipe de chercheurs de Bulgarie a expérimenté le potentiel de trois espèces de Poaceae (=graminées) vivaces sur la croissance et la capacité de production de graine d’Ambroisie à feuilles d’armoise. Les espèces utilisées étaient le Ray-grass anglais (Lolium perenne), le Dactyle aggloméré (Dactylis glomerata) et la Fléole des prés (Phleum pratense). Les résultats de cette étude qui vient d’être publiée indiquent que les trois plantes répriment efficacement la croissance de l’ambroisie. Le Ray-Grass se développe plus rapidement que les deux autres et il est donc efficace plus tôt. L’étude préconise alors l’utilisation de ces Poaceae sur les friches et les zones perturbées, avec l’arrêt des perturbations du sol.

Une étude canadienne parue en 2014 utilise une autre approche : sur les bords de route souvent végétalisés avec du trèfle, des zones peuvent rester nues à cause des forts taux de métaux lourds qui y sont présents. L’ambroisie supportant bien ces pollutions, elle peut s’y développer. L’étude consistait à identifier une autre plante qui puisse à la fois former un couvert dense et supporter une forte présence de métaux lourds. Elle pourrait alors être implantée pour combler ces « trous » avant que l’ambroisie ne s’y installe. Il en ressort que le Lotier corniculé (Lotus corniculatus) est un candidat envisageable.

Dans un autre contexte, en Italie, une équipe a testé avec succès deux mélanges d’espèces vivaces : le premier contenait majoritairement du Brome érigé (Bromus erectus) et de l’Avoine élevée (Arrhenatherum elatius). Le second était constitué de sept espèces : Fétuque rouge (Festuca rubra), deux espèces de Ray-gras (Lolium perenne et L. multiflorum), Lotier corniculé, Pâturin des prés (Poa pratensis), et deux espèces de trèfles (Trifolium pratense et T. hybridum). Dans ces deux cas, le contrôle de l’ambroisie a été obtenu en 3 saisons.

Cette liste n’est pas exhaustive et de nombreux autres essais ont été réalisés, notamment par les gestionnaires de bords de route et d’autoroute. La composition du mélange de végétation à implanter, dépend de la nature du sol rencontré, de l’exposition de la parcelle et du climat local. La richesse de la bibliographie scientifique sur le sujet prouve une fois de plus qu’il est possible de contrôler l’ambroisie par végétalisation des zones perturbées sans avoir recours à l’utilisation d’herbicides. Face à un couvert dense, l’ambroisie est une faible compétitrice dans ses premiers stades et ne peut boucler son cycle de développement.

Source : article de la Lettre N°49 de l’Observatoire des ambroisies repris intégralement

Pour en savoir plus et accéder aux études citées : http://www.ambroisie-blog.org/2017/11/lettre-de-lobservatoire-n49-novembre-2017/