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Du nouveau dans la gestion de l’Ailanthe

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La gestion mécanique de l’Ailanthe (Ailanthus altissima (Mill.) Swingle, 1916) par arrachage, coupe ou cerclage conduit souvent à une impasse car au lieu de contrôler sa prolifération on l’accroît. Un champignon pathogène pour l’Ailanthe pourrait ouvrir la voie pour une gestion biologique de l’espèce. Les foyers d’Ailanthes atteints sont recherchés.

Annabel Porté, chercheuse à l’INRA Bordeaux travaillant sur l’Ailanthe, dresse un constat pessimiste sur l’efficacité des méthodes mécaniques sur cette espèce :

« Le cerclage est mauvais, même partiel. Il provoque le drageonnage de façon très importante. Je l'ai constaté de visu aussi, car les écogardes de l'île de Ré avait lancé un essai il y a quelques années, et ils sont envahis depuis par les drageons qu’ils arrachent tous les ans.

Sur l’île de Ré, ils ont aussi fait un essai en arrachant à la minipelle un individu isolé. Ils ont tiré sur les racines aussi loin que possible pour éviter de laisser des morceaux, mais ils ont démultipliés les individus.

Les écogardes de l'île d'Oléron ont aussi tenté un cerclage, qui a conduit au déclenchement de la dynamique. Il n'y avait pas beaucoup de pieds et maintenant ils sont envahis.

Sur un autre site où il n'y avait plus rien à sauver, ils ont tenté les grands moyens : tracto-pelle, extraction de toutes les souches et débris possibles et remise à plat du terrain. Un an après, une végétation basse locale qui avait disparu s'est installée, mais, il restait des pieds d'ailante, donc il faut voir la dynamique à moyen terme.

Le problème c'est qu'à l'heure actuelle, si vous tentez quelque chose, et que ça échoue, les sites seront encore plus envahis. Il n’y a pas de méthode efficace à proposer. Donc par défaut je préfère soit dire de ne rien faire dans les zones où il y a un risque pour la biodiversité, soit dire de faire des essais mais uniquement dans des zones où ça ne craint rien »

Pour Annabel Porté, l’envahissement par l’ailanthe va prendre de l’ampleur en milieu naturel, agricole et urbain et il faut dorénavant s’intéresser à d’autres méthodes de gestion.

Des chercheurs américains travaillent depuis quelques années sur un champignon pathogène, Verticillium nonalfalfae. Il a été trouvé à l'état naturel, provoquant la mort sur pied des Ailantes, en Virginie, Ohio... Après tests en serre, il s'avère très spécifique. Il pourrait être une solution d’avenir pour la gestion biologique de l'ailanthe.

Or le même champignon Verticillium nonalfalfae a été trouvé en 2015 pour la première fois en Europe, en Autriche. Un champignon similaire, responsable de mortalités sur pied d'Ailante, a aussi été trouvé sur l’Ile de Ré. Est-ce le même champignon que Verticillium nonalfalfae ?

Les foyers touchés par un dépérissement avec les symptômes du champignon pathogène Verticillium nonalfalfae sont recherchés.

Une fiche de reconnaissance des symptômes du champignon Verticillium nonalfalfae a été préparée par Annabel Porté. Elle permet de signaler les foyers découverts. C’est grâce à une fiche de reconnaissance similaire que les chercheurs américains ont réussi à identifier des foyers malades en Ohio.

 

Ressource

Télécharger la fiche de reconnaissance et de signalement du champignon pathogène Verticillium nonalfalfae : fiche de signalement (1,4 Mo)