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Le Myriophylle aquatique

Myriophyllum aquaticum (Vell.) Verdc., 1973

Myriophylle aquatique (Myriophyllum aquaticum)

Un épais tapis végétal qui couvre les eaux calmes et envase les plans d'eau

Le Myriophylle aquatique est une jolie plante aquatique et amphibie à la couleur verte typique, commercialisé pour l’aquariophilie et l’ornementation des bassins extérieurs. Ses feuilles, composées de nombreux segments fins, ressemblent à des plumes. Elles sont groupées par 4, 5 ou 6 le long de la tige. Les tiges, pouvant atteindre 3 à 4 m de longueur, sont enracinées, flottantes ou émergées au-dessus de la surface.

Le Myriophylle aquatique prospère dans les milieux ensoleillés avec des eaux calmes et riches en nutriments. Seuls des individus femelles ont été introduits en Europe, mais cela n’empêche en rien une dissémination efficace par fragmentation. Dès que la température atteint 10°C, tiges et rhizomes de l’année passée commencent à grandir ; à compter du mois de juin, des tapis denses se forment grâce à une forte production végétale (jusqu’à 700 g de matière sèche par m2) ; les tiges se fragmentent ce qui permet leur dispersion naturelle par l’eau ou les animaux ; ces fragments hivernent dans la vase ou le long des berges, prêts à former de nouveaux herbiers au retour des beaux jours.

En produisant un épais tapis végétal couvrant de grandes surfaces, le Myriophylle aquatique génère de nombreux impacts comme la régression de la flore aquatique en concurrence pour la lumière ou les nutriments, l’asphyxie de la microfaune aquatique, l’accroissement du risque d’inondation, la sédimentation accrue et l’envasement des étangs et des fossés, ainsi que la gêne pour les activités de loisirs comme la pêche, la baignade ou la navigation.

 

Originaire des berges et des zones humides de l’Amazonie, le Myriophylle aquatique a été introduit en France près de Bordeaux en 1880. Il s’est bien naturalisé et a envahi toute la façade atlantique. Il commence maintenant à envahir la partie continentale. On le rencontre encore rarement en Midi-Pyrénées : seules 9 stations en milieux naturels sont connues, notamment sur des étangs dans le Tarn-et-Garonne et au bord de l'Adour.

 

En raison de ses impacts et des difficultés posées par sa gestion, il est fortement déconseillé de le planter. Utilisateurs et producteurs doivent être sensibilisés aux impacts de cette plante en milieu naturel et aux risques de dissémination par l’homme ou par les oiseaux.

L’arrachage mécanique est recommandé. Pour être efficace, il doit être suivi d’interventions légères d’arrachages ou de collectes manuelles des fragments flottants ou enracinés. Cette technique permet de traiter les plans d’eau, les fossés de drainage, les petits cours d’eau, au besoin avec un engin flottant sur barge lorsque la surface à traiter est importante.

La pauvreté en azote disponible dans l’eau (N inférieur à 1,8 mg/l), la profondeur et l’ombrage sont défavorables à la présence du Myriophylle aquatique. Des techniques peuvent être mises en œuvre en conséquence, comme la réduction des effluents azotés, le creusement ou la pose de bâche sur un fossé ou un bassin par exemple.

Pendant et après l’intervention, veillez à bien recueillir la totalité des fragments, à les conditionner et à les stocker à proximité dans une zone sèche à l’abri des crues, avant de veiller à leur incinération ou à leur enfouissement sur place. Nettoyez les engins sur place afin de ne pas propager de fragments sur d’autres chantiers.

Plus un foyer est traité rapidement, moins il faudra mobiliser de ressources pour le gérer.

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