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L'Herbe à alligator

Alternanthera philoxeroides (Mart.) Griseb., 1879

Herbe à alligator (Alternanthera philoxeroides)

Une nouvelle menace pour les cours d'eaux

Statut : Plante interdite par la réglementation

Règlement européen n°1143/2014 relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes

 

L’herbe à alligator est une plante stolonifère amphibie pouvant aussi se développer sous forme terrestre dans les milieux inondables. Elle colonise les eaux courantes ou stagnantes et les milieux humides à marécageux. Ses tiges sont rondes, creuses et atteignent jusqu'à 10 m de long. Ses feuilles sont opposées, d’un vert sombre, glabres et de forme lancéolées. Les parties émergées portent des inflorescences blanches, compactes et globuleuses, sur un court pédoncule terminal ou axillaire dont la floraison a lieu de juin à septembre.

Elle ne produit pas de graines en Europe, sa reproduction est uniquement végétative par fragmentation de tiges et rhizomes. Cette méthode de reproduction favorise la formation de peuplements denses et la colonisation rapide des milieux. Elle se disperse par l’eau et grâce aux activités humaines (rejets ou introductions involontaires, déplacements involontaires de fragments par des engins ou du matériel de pêche ou de chantier).

Dans les milieux aquatiques, elle peut devenir une menace sérieuse en raison de ses tapis flottants ou par la formation de peuplements denses à l'interface aquatique et terrestre. Ces développements réduisent la quantité de lumière qui pénètre dans la masse d’eau et limite les échanges gazeux, ce qui impacte le développement de la flore et la faune indigène. Dans les voies navigables ou les plans d’eaux à vocation récréative, elle gêne les activités humaines. De plus, elle peut amplifier le risque d'inondation en augmentant la sédimentation et en obstruant l’écoulement des fossés.

 

Originaire d’Amérique du Sud, l’herbe à alligator est désormais observée en Europe, en Amérique du Nord, en Océanie et en Asie. Elle a été introduite en Europe dans la seconde moitié du XXème siècle pour l’ornement des bassins aquatiques.

En France, à la suite des premières introductions, elle s’est échappée dans les milieux naturels où des individus ont été observés dès 1961 sur le bassin versant de la Garonne en Gironde. Aujourd’hui naturalisée, elle est observée sur des secteurs localisés de grands fleuves du Sud-Ouest (Garonne, Tarn, Lot et Dordogne) et dans le département du Vaucluse (sur l’Ouvèze, un affluent du Rhône).

 

L’herbe à alligator est une espèce réglementée, elle est interdite d’introduction, de vente, d’achat, d’échange et de détention. Une surveillance au niveau des milieux humides et des cours d’eau devrait être mise en place avec le concours des acteurs et usagers de ces milieux, tant pour éviter les introductions involontaires que pour sensibiliser et détecter de nouveaux foyers.

Sur des foyers modestes, l’élimination de cette plante est réalisable par arrachage manuel ou mécanique en prenant soin de prélever la totalité des rhizomes. C’est un travail minutieux car il faut veiller à ce que les fragments ne se dispersent pas à l'aval lors des opérations, en posant des filets et en procédant à un écumage des fragments flottants.

Le nettoyage des machines et outils à l’issue du chantier est primordial pour prévenir le risque de dispersion involontaire de fragments vers d’autres chantiers.

Les résidus d’arrachage doivent être entreposés hors zone inondable. Leur séchage ou leur compostage sont possibles. L'utilisation du compost sera réservée strictement à des usages éloignés des milieux humides et aquatiques.

Des essais de contrôle biologique ont été réalisés aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Thaïlande, avec plusieurs insectes consommateurs de l’herbe à alligator. Dans le Mississippi, des herbiers ont été réduits de 50 à 90 % dans certains tests, avec des résultats variables selon les années.

Avant toute action de lutte, merci de nous signaler la station, pour confirmer l’identification et pour bénéficier de notre appui.

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Rédacteurs : Alexandre Lorentz (CBNPMP) et Mathieu MENAND (NEO)
Fiche réalisée dans le cadre de l'appel à projet connaissance, sous-trame humide 2017-2018