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L’Herbe de la pampa

Cortaderia selloana (Schult. & Schult.f.) Asch. & Graebn., 1900

Herbe de la pampa (Cortaderia selloana)

Des bords de route colonisés, des pâturages dégradés

 

L’Herbe de la pampa est une graminée géante très prisée dans les jardins pour ses qualités ornementales et sa rusticité. Elle se reconnait facilement grâce à des tiges de 3 à 5 mètres de haut ornées de panicules blancs, des touffes de feuilles pouvant atteindre 2 mètres de circonférence, et des feuilles grandes, linéaires et coupantes. L’Herbe de la pampa tient son nom des prairies argentines, ou pampas dont elle est originaire.

L’Herbe de la pampa fait partie de la liste des 100 espèces exotiques envahissantes les plus problématiques d’Europe et pourrait faire l’objet d’un plan de lutte national. Un individu produit, dès la seconde année, plusieurs millions de graines. Les graines sont dispersées par le vent à plus de 25 km de distance. Elles sont fertiles et s’installent de préférence sur les sols sableux ou limoneux, humides et bien drainés. L’Herbe de la pampa supporte bien la sécheresse. Elle colonise les milieux humides et les milieux remaniés : talus, remblais, bords de route, friches industrielles… Elle produit un réseau racinaire impressionnant et une importante masse foliaire, qui lui permettent d’accaparer les ressources disponibles.

L’Herbe de la pampa forme en effet des populations denses qui modifient rapidement le paysage, éliminent les plantes locales et la faune associée et augmentent le risque de feu. Dans les pâturages envahis, ses feuilles blessent le bétail et son expansion réduit progressivement les surfaces en herbe. Sa présence impose des mesures de gestion sur les bords de route colonisés, lorsqu’il s’agit de restaurer la visibilité nécessaire au trafic routier.

 

Originaire d’Amérique du Sud, l’Herbe de la pampa a été introduite en France, au Jardin des Plantes de Montpellier en 1857. Elle a été couramment plantée dans les années 1960 et 1980, s’est échappée dans les années 1990 et colonise dorénavant la France par sa façade atlantique. C’est une plante ornementale toujours utilisée. On la rencontre encore ponctuellement en Midi-Pyrénées aux abords des routes, au bord du Canal des deux mers, en berge de l’Adour et dans des milieux remaniés. Elle est signalée pour la première fois en Ariège en 1991.

 

En raison de ses impacts et des difficultés posées par sa gestion, il est fortement déconseillé de la planter. Il faut intervenir le plus tôt possible afin d’éviter d’avoir à gérer des individus avec un système racinaire trop étendu, et si possible sur des individus de 1 an car ils ne fructifient pas encore. Dans le cas d’individus jeunes, l’arrachage peut se faire à la main, sinon par tractage à l’aide d’une mini pelle ou d’un cheval. Dans ce cas, pour faciliter l’intervention sur les grosses touffes et limiter les blessures, il est conseillé de couper les feuilles extérieures à la machette ou de les attacher en pinceau sur le sommet de la touffe. L’intervention doit avoir lieu avant la fin de l’été pour empêcher l’envol des graines. Le bâchage des zones traitées peut compléter l’intervention : il prive le sol de lumière, ce qui a pour effet de retarder ou d’annuler la reprise et la germination de la banque de graines du sol.

Si l’arrachage n’est pas possible, la coupe des tiges florales avant la maturation des graines permet d’éviter la propagation de l’espèce dans les milieux favorables alentour. Dans ce cas, les tiges fleuries seront placées dans des sacs sécurisés et si possible incinérées sur place.

Lorsque les zones colonisées sont trop importantes, après retrait des tiges florales, le broyage ou la fauche annuelle peuvent être envisagés, mais les coupes à répétition ont semble-t-il peu d’influence sur la production de feuilles et de tiges florales l’année suivante.

Après intervention, nettoyer les engins (mini pelle ou gyrobroyeur par exemple) sur place afin de ne pas propager de graines sur d’autres chantiers.

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