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Les Jussies

Jussie à grandes fleurs - Ludwigia grandiflora (Michx.) Greuter & Burdet, 1987

Jussie rampante - Ludwigia peploides (Kunth) P.H.Raven, 1963

Jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora)

Elles comblent les étangs et empêchent la vie aquatique

Les belles fleurs des Jussies ont été un temps populaires pour l’ornementation des bassins, mais leur prolifération incontrôlable en ont fait des envahisseuses, craintes par les gestionnaires d’étangs, de rivière ou de canaux. La commercialisation, l'utilisation et l'introduction dans le milieu naturel des Jussies - Ludwigia grandiflora ou la Jussie à grande fleurs et Ludwigia peploides ou la Jussie rampante - sont interdites sur tout le territoire métropolitain depuis 2007.

Les Jussies génèrent un herbier composé de longs rhizomes qui peut conquérir intégralement un plan d’eau calme, tant en surface qu’en profondeur. Ce sont des plantes aquatiques ou amphibies, très productives, capables de doubler leur poids toutes les 2-3 semaines et produisant jusqu’à 2 kg de matière sèche par m2. Elles utilisent l’eau ou les animaux pour disperser des fragments flottants (rhizomes ou plantules), chaque fragment étant capable de reformer de nouveaux herbiers flottants par reproduction végétative. La Jussie rampante peut également produire des graines nombreuses et fertiles. Un herbier dense peut produire jusqu’à 10 000 graines/m2.

Les Jussies ont un impact très important sur la biodiversité aquatique et la qualité de l'eau : elles étouffent la végétation aquatique en empêchant l’accès à la lumière et aux nutriments et affaiblissent chimiquement la concurrence par des substances allélopathiques qui défavorisent la germination des autres plantes ; enfin, elles transforment profondément le milieu en asphyxiant la faune et la flore aquatiques par leurs déchets, en réduisant la circulation des sédiments, de l’eau et des poissons, et en conduisant au comblement des étangs.

Les Jussies obligent à des opérations coûteuses d’extraction afin de restaurer la circulation de l’eau dans les rivières calmes, étangs peu profonds, marais et canaux d’irrigation. Elles ont un coût économique important et répété  pour les gestionnaires et peuvent remettre en cause la pêche, la baignade ou la circulation de toutes les activité de loisirs et touristiques.
Il faut être extrêmement vigilant pour détecter leur apparition afin de pouvoir agir rapidement. Il n’a fallu que 6 ans à la Jussie à grandes fleurs pour conquérir les 128 ha du marais d’Orx au nord de Bayonne.

La première Jussie fut introduite en France au Jardin des plantes de Montpellier en 1830. Ces plantes connurent beaucoup de succès et furent importées régulièrement d’Amérique du Sud. Elles sont aujourd’hui très présentes sur la façade atlantique, notamment dans les pays de Loire où des chantiers d’arrachage sont organisés chaque année. Elles continuent malheureusement à être introduites par méconnaissance de leurs méfaits et de la réglementation, ou de proche en proche, par les animaux, le courant et les crues depuis les sites déjà envahis.

En Midi-Pyrénées, la Jussie à grande fleurs est notée pour la première fois en 1903 en Haute-Garonne. Quant à la Jussie rampante, elle est signalée pour la première fois en Aveyron (aux bords du Tarn) en 1977 . Elles se rencontrent sur plusieurs rivières (Adour aval, Aveyron, Garonne, Tarn) et leurs affluents, dans des gravières et dans plusieurs étangs (étangs d’Armagnac, de Haute-Garonne, du Lot et du Tarn-et-Garonne). Elles semblent en pleine expansion sur le territoire.

L’élimination des Jussies est possible sur les étangs par arrachage manuel ou mécanique en veillant à prélever la totalité des rhizomes. Cette opération est efficace sur les petits foyers si un travail minutieux est envisageable. En effet, les rhizomes sont cassants et il faut veiller à limiter leur dispersion lors des opérations en posant des filets en aval et en procédant à un écumage des fragments flottants. Deux passages seront nécessaires, le premier en juin/juillet avant le pic de développement pour éliminer le maximum possible, le second en septembre avant la fructification pour éliminer les tiges restantes.

Les déchets, dont les boues éventuelles, doivent toujours être entreposés hors de la zone inondable. Ils peuvent être détruits par incinération après une période de séchage. Le compostage est possible mais l'utilisation du compost doit alors être strictement destinée à des terrains éloignés de tous milieux aquatiques. L’enfouissement est envisageable, à condition d’enterrer les déchets sous 1 m de terre minimum.

Les usagers et les riverains des zones humides non encore touchées doivent être sensibilisés à la présence des Jussies, afin d’éviter toute introduction involontaire et pour faciliter le signalement des nouveaux foyers.

Pour éviter la contamination d’un plan d’eau, veillez à maintenir une bonne qualité d’eau (les grands herbiers se développent mieux lorsque les eaux sont riches en matière organique), et le cordon de grands végétaux aquatiques (joncs, laiches, typhas, phragmite, phalaris …) qui limite la dispersion des fragments et la formation des herbiers. Redoublez de vigilance si des foyers existent à proximité et vérifiez soigneusement la provenance des stocks piscicoles que vous introduisez.

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Clé de reconnaissance des Jussies américaines

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