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L'Ailanthe

Ailanthus altissima (Mill.) Swingle, 1916

Ailanthe (Ailanthus altissima)

Un arbre qui perturbe les arbres voisins par les substances qu’il émet

L'Ailanthe, ou Faux-vernis du Japon, est un arbre robuste et à croissance rapide. L’espèce est principalement disséminée par le vent avec ses graines ailées mais elle se propage aussi par les racines. Elle rejette de souche vigoureusement, émet de nouveaux arbres à partir des racines, et forme ainsi rapidement des boisements denses et mono-spécifiques.

L'Ailanthe élimine progressivement toute concurrence ligneuse en produisant des substances allélopathiques par ses racines et en accaparant toutes les ressources disponibles (lumière, minéraux, eau). Lors des opérations de restauration de milieux naturels, cette intoxication du sol oblige même à reporter de 2 ans toute plantation.

Ses peuplements modifient le fonctionnement des écosystèmes et les paysages. Les berges de rivières, les habitats chauds et secs, comme les prairies sèches et les pelouses calcaires karstiques et sur sables, sont les milieux naturels les plus menacés. Son système racinaire dégrade les bâtiments et les infrastructures en milieu urbain.

Son pollen peut déclencher des allergies. Sa sève, au contact de la peau, peut provoquer des dermatoses et des accélérations du rythme cardiaque.

 

Arbre originaire d’Extrême-Orient, volontairement introduit en Europe en 1750 comme plante ornementale, l'Ailanthe a été plantée en France à partir de 1786 pour les alignements urbains en remplacement du tilleul dans les parcs et pour l’élevage du ver à soie. Dans la région, il est cité pour la première fois dans un catalogue des plantes des Pyrénées datant de 1922. Il est présent aujourd’hui de manière localisée dans tous les départements de Midi-Pyrénées. Il peut s’installer naturellement dans les sites perturbés (carrières, talus, friches, terres agricoles, vignes…), plutôt en situation sèche et chaude. On le rencontre ponctuellement dans les boisements en bord de cours d’eau et en prairie, notamment dans les Hautes-Pyrénées.

 

Outre sa vigueur et ses toxines, chaque fragment de racine laissé en terre peut donner naissance à un nouvel individu. De plus, tant la coupe que le cerclage (action d’écorcer le tronc pour limiter les flux de sève et pour tuer l’arbre sur pied) provoquent des drageonnements très conséquents qui peuvent conduire à des situations d’envahissement extrême dans les milieux ouverts. La gestion des peuplements d'Ailanthe nécessite donc une grande prudence. Dans les milieux naturels où des enjeux de préservation sont importants, la gestion mécanique est dorénavant déconseillée.

Un champignon du sol (Verticillium nonalfalfae) pouvant provoquer la mortalité de l’ailanthe a été observé en Autriche en 2015. Il pourrait être une solution d’avenir pour la gestion biologique de l'Ailanthe. Ce champignon est à rechercher : une fiche de reconnaissance et de signalement des ailanthes atteints par le champignon Verticillium nonalfalfae est disponible. Elle a été faite par l'INRA Bordeaux.

La principale action à mener est la prévention. Il faut éviter les nouveaux foyers et intervenir rapidement lorsqu’ils apparaissent : veille sur les milieux patrimoniaux, non utilisation ornementale, arrachage systématique des plantules, suivi jusqu’à 3 ans des rejets et de la banque de graines. Concernant les forêts des rives, il convient de prévoir de replanter des arbres indigènes, capables de concurrencer l'Ailanthe pour l’accès à la lumière.

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Téléchargez la fiche INRA pour signaler le champignon Verticillium nonalfalfae (1,4 Mo)