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L’Ambroisie à feuilles d’armoise

Ambrosia artemisiifolia L., 1753

Ambroisie à feuilles d'armoise (Ambrosia artemisiifolia)

Une plante responsable de graves allergies, émergente en Midi-Pyrénées

 

Statut : plantes classées nuisibles par la réglementation

Décret n° 2017-645 relatif à la lutte contre l'ambroisie à feuilles d'armoise, l'ambroisie trifide et l'ambroisie à épis lisses

 

L’Ambroisie à feuilles d’armoise émet de grandes quantités d’un pollen irritant qui provoque et aggrave des allergies respiratoires, oculaires et cutanées pouvant entraîner des complications même à faible dose (dès 5 grains/m3). C’est l’une des plantes exotiques envahissantes les plus problématiques en Europe. L’Ambroisie à feuilles d’armoise est une plante annuelle pouvant atteindre 1-2 m, velue, buissonnante, avec des épis dressés bien caractéristiques lui donnant un aspect élégant.

On constate actuellement l’expansion de cette plante en France. Près de 1,2 millions de personnes y seraient allergiques mais le nombre de personnes allergiques croit chaque année. En région Rhône-Alpes, région la plus touchée par cette plante envahissante, le coût sanitaire atteint 15,5 millions d’euros en 2013. Les pics d’émission de pollen ont lieu d’août à septembre. Les nuages de pollen peuvent atteindre 5 000 grains/m3 dans les zones contaminées et voyager jusqu’à 65 km.

Deux autres ambroisies sont à rechercher en Midi-Pyrénées : l’Ambroisie trifide (Ambrosia trifida L.) dans les grandes cultures et le long des berges, et l’Ambroisie à épis lisses (Ambrosia psilostachya DC.) sur les terrains sableux, notamment le long des berges de la Garonne. Leurs pollens sont aussi hautement allergisants.

L’Ambroisie à feuilles d’armoise est présente dans les cultures de céréales, maïs, tournesol ou tabac. On la rencontre aussi fréquemment en bord de champs et dans les chaumes de céréales. Elle s’installe également dans les terrains dénudés comme les voies de transport, les berges de rivières, les friches, les terres laissées nues avant, pendant ou après travaux... Les mélanges de graines pour oiseaux contiennent parfois des graines d’Ambroisie, elle apparaît donc parfois aux abords des mangeoires pour les oiseaux.

L’Ambroisie à feuilles d’armoise est difficile à gérer car elle génère de 3 000 à 100 000 graines par individu, dispersées au vent et fertiles dans le sol plusieurs dizaines d’années. Outre les problèmes sanitaires qu’elle pose, l’Ambroisie engendre des surcoûts importants en agriculture liés à la baisse du rendement des cultures, à la baisse de la valeur des récoltes liée aux impuretés, aux coûts des traitements...

L’Ambroisie à feuilles d’armoise fait l’objet d’une surveillance spécifique dans le cadre d’un Plan national santé environnement (http://www.sante.gouv.fr/l-ambroisie-une-plante-sous-surveillance.html).

Plante originaire d’Amérique du Nord, elle est signalée en Europe depuis 1863. Elle y a été introduite de manière involontaire et répétée dans des lots de semences agricoles et de matériels. Elle est signalée en France, pour la première fois, en 1865 dans la vallée du Rhône, et se rencontre dorénavant dans 91 départements en 2014. Elle est présente aujourd’hui de manière localisée dans tous les départements de Midi-Pyrénées. On constate sa progression le long de certains axes (routes, rivières…), dans les chaumes de céréales et en bord de cultures, et dans les terrains aménagés ou délaissés en zones urbaines et périurbaines. Méconnue et sous-prospectée par les acteurs locaux, sa présence et l’importance de ses populations sont très probablement sous-estimées.

L’Ambroisie trifide est en expansion. Elle a été observée en Haute-Garonne, en Ariège, dans le Gers et le Tarn et Garonne, principalement dans des cultures de maïs irriguées ou des cultures de tournesol. L’Ambroisie à épis lisses a été signalée sur un banc alluvial à Verdun sur Garonne (82) en 2003, sans avoir été observée depuis.

La lutte contre l’Ambroisie à feuilles d’armoise s’appuie sur la sensibilisation du public, la détection précoce et la mise en œuvre d’actions de contrôle pour limiter son extension et réduire les émissions de pollen. La sensibilisation concerne tout le monde et particulièrement les publics au contact de la plante (jardiniers, agriculteurs, chasseurs, pêcheurs, services d’entretien des berges et des voies de communication, services des parcs et jardins, acteurs de l’aménagement, naturalistes, gestionnaires de milieux naturels). La sensibilisation vise notamment à faciliter la détection précoce, à prévenir l’installation de nouveaux foyers et à engager des mesures d’élimination appropriées en début d’infestation.

L’arrachage manuel est préconisé contre les foyers nouveaux ou modestes, la fauche contre les foyers plus importants. Si possible, les interventions doivent avoir lieu afin l’émission de pollen, qui démarre début août, et au plus tard avant la dispersion des graines (début octobre). Idéalement la réalisation des chantiers d’arrachage est à prévoir à partir de fin juin.

En contexte agricole, le labour profond doit absolument être évité car l'enfouissement profond des graines se traduit, les années suivantes, par des levées échelonnées difficiles à gérer. La combinaison d'autres techniques agronomiques donne de bons résultats : introduction de cultures d'hiver dans la rotation, déchaumage et faux-semis pour favoriser l'épuisement de la banque de graines, décalage de la date de semis pour faciliter la levée et la destruction d’Ambroisie avant le semis.

Il est indispensable d’installer un couvert végétal sur les terres remaniées ou après l’arrachage ou la fauche, pour contrer la germination des jeunes plants d’Ambroisie à feuilles d’armoise.

Le désherbage chimique est déconseillé car il laisse des sols nus et favorise la germination des graines restées dans le sol.  

En raison des allergies cutanées, il faut être équipé (gants, lunettes et masque) lors des interventions et les personnes allergiques doivent s'abstenir. Les résidus de fauche ou d’arrachage doivent impérativement être mis en sac fermé à destination d'une plateforme de compostage ou d'incinération pour éviter la dispersion des graines lors du transport ou du stockage.

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Transmettez vos observations et signalez les foyers problématiques : bien connaître sa répartition est indispensable, aidez-nous à localiser les nouveaux foyers

Clé de reconnaissance des ambroisies

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