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La Berce du Caucase

Heracleum mantegazzianum Sommier & Levier, 1895

Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)

Sa sève occasionne de douloureuses brûlures de peau

 

La Berce du Caucase est la plus grande ombellifère d’Europe : 2 à 5 m de hauteur, ombelle de fleurs de 50 cm de diamètre, feuilles atteignant 1 à 3 m. Elle fructifie habituellement au bout de 2-3 ans. Son pouvoir invasif est très important. C’est une vivace ayant un potentiel de reproduction très élevé (20 000 graines par individu) et un excellent pouvoir germinatif… Elle préfère les milieux humides ou frais : lisières et clairières forestières, prairies à hautes herbes des bords de rivières, habitats humides en montagne…

Sa sève est riche en substances photosensibles, les furanocoumarines, qui au contact de la peau, peuvent provoquer des démangeaisons, des brûlures voire des cicatrices à long terme, selon la sensibilité des victimes. Les lésions se déclarent au moins 24h après l’exposition de la peau au soleil, les victimes peuvent donc avoir des dommages sans s'en rendre compte. Prudence car la plante attire par ses dimensions l’intérêt des petits et des grands, et peut être facilement accessible si elle s'échappe d'un jardin.

La présence de la Berce du Caucase modifie les milieux naturels et appauvrie la faune et la flore natives. Elle se développe en forte densité et peut se disperser rapidement si les graines sont transportées le long d'une rivière. Les zones colonisées sont dangereuses et doivent être signalées.

 

Originaire des montagnes du Caucase où elle occupe les prairies humides à hautes herbes, les clairières et les lisières forestières jusqu’à 2000 m d’altitude, cette belle plante a été introduite en Angleterre en 1817, puis dans le reste de l’Europe à des fins ornementales. Largement utilisée en France à une époque, après plusieurs décennies de stabilité, la Berce du Caucase s’est  échappée des jardins et des parcs vers les milieux perturbés environnants. On estime qu’elle est devenue envahissante, notamment dans les milieux humides, vers 1960.

Elle est aujourd’hui en expansion dans toute l’Europe. Surtout présente dans la partie nord de la France et dans les montagnes des Alpes, elle semble encore exceptionnelle en Midi-Pyrénées.

Sur la chaîne des Pyrénées, sa présence est avérée depuis 1985 à Font-Romeu dans les Pyrénées catalanes et depuis 2009 à Cauterets.

Nous sommes souvent à l’origine des nouveaux foyers. Sa présence à Font-Romeu sur plusieurs lisières, fossés et berges, résulte d’une plantation ornementale ancienne. Sa présence à Cauterets au bord d’un parking surplombant le Gave de Cauterets semble s’expliquer par un apport de remblais contaminé par des graines. Cette plante exotique envahissante, encore émergente, est dorénavant à surveiller de près afin d’empêcher son installation, en particulier le long des berges, les graines pouvant être transportées sur des kilomètres lors des crues.

Ne cultivez pas cette plante et informez les propriétaires de jardins et les riverains, des risques pour la santé et la biodiversité. Pour cette plante vivace, la meilleure gestion est de prélever les ombelles dans des sacs, avant que les graines ne soient mûres, et de les incinérer (surtout pas de compostage).

Pour les petits foyers ou les zones en cours de colonisation, on privilégiera l’arrachage annuel des pieds en prenant soin de prélever 10 à 20 cm de racine (pour éviter les repousses) jusqu’à épuisement de la banque de graines du sol (3 à 5 ans). Il est aussi possible de poser une bâche noire étanche, après une fauche ou un broyage du foyer, pour créer un contexte sans lumière avec température élevée par fort ensoleillement. Lors du retrait de la bâche après 2-3 ans, prévoir impérativement un suivi et une revégétalisation.

Pour les foyers plus importants ou bien installés, les moyens se concentreront sur le contrôle de la montée en graine avec un suivi annuel : prélèvement des ombelles des individus matures, décaissement des 5-10 cm de sol superficiel avec remise en place d’un couvert végétal et élimination adaptée des sols souillés (incinération, filtrage voire entreposage dans un lieu étanche avec suivi adapté). La fauche régulière ou le pâturage précoce, conseillés pour affaiblir la plante, retardent la montée en graine sans forcément l’empêcher. Ces opérations peuvent compliquer le repérage des ombelles car les individus matures sont prostrés.

La surveillance des berges de rivière est prioritaire afin de pouvoir contrôler rapidement les populations riveraines dont les graines peuvent être dispersées à longue distance par l’eau.

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Clé de reconnaissance

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