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Le Cerisier tardif

Prunus serotina Ehrh., 1788

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Un arbre pouvant concurrencer la régénération forestière

Le plus souvent observé sous forme d’arbustes formant des taillis en sous-bois, le Cerisier tardif est un arbre qui peut atteindre 35 m de hauteur et vivre 250 ans. Introduit pour la production forestière, sa mauvaise croissance a déçu. Il est encore utilisé comme pare-feux, brise-vent, couvert à gibiers, et comme arbuste ornemental en raison de sa floraison dense et abondante, et de son feuillage jaune d’or à l’automne. Il se reconnait par des feuilles lustrées dessus, légèrement poilues dessous, avec une jonction entre le pétiole et la feuille dépourvue de glandes nectarifères. Ses fleurs sont disposées en grappes dressées. Ses cerises sont pourpres à noirâtres.

Le Cerisier tardif tolère bien l’ombre en forêt, car on observe l’installation de plantules éparses et le maintien des arbustes en sous-bois. Mais il révèle ses capacités d’envahissement lorsqu’il se retrouve en pleine lumière. A l’occasion d’une perturbation favorisant la mise en lumière (tempête, coupe forestière), le développement des arbustes et plantules en place dans le sous-bois explose. Dans certaines situations, il parvient à dominer les autres arbres et arbustes. Il peut même avoir des conséquences sur la production sylvicole en bloquant la régénération des essences locales. Son couvert dense transforme la végétation forestière et pourrait impacter le fonctionnement des écosystèmes envahis.

Le succès compétitif du Cerisier tardif s’explique aussi par une reproduction végétative très vigoureuse (rejet de souche, marcotte et drageon), l’absence de parasites et la faible pression des ongulés grâce à un feuillage contenant des composés cyanhydriques toxiques… Il colonise les espaces forestiers, en particulier sur les sols non calcaires, pauvres et bien drainés. Il peut s’établir dans des clairières et le long des lisières forestières.

Originaire du continent américain, le Cerisier tardif a commencé à être introduit en forêt en Europe au XVIIIème siècle. Aujourd’hui, c’est une espèce invasive reconnue, présente dans presque tous les pays d’Europe. En France, les régions du nord-est et du sud-ouest seraient les plus touchées. En 2015, on constate la présence sporadique de l’espèce, sur 13 communes de 6 départements de Midi-Pyrénées. L’espèce est surtout mentionnée en forêt, avec quelques observations en milieux péri-urbains et sur prairies acides. On manque encore de données pour évaluer la répartition et l’impact réel de l’espèce en Midi-Pyrénées mais des observations récentes ont mis à jour des foyers forestiers importants sur sol acide, en forêt domaniale de Bouconne (Pibrac, 31) et en forêt domaniale de Cardeilhac (31)

Un programme de recherche sur l’envahissement et la gestion du Cerisier tardif a été mené en forêt de Compiègne en 2003. Ce programme a défini des méthodes de contrôle de l’espèce, en fonction de l’état d’invasion des parcelles forestières :

- pour éviter l’extension du Cerisier tardif dans de nouveaux sites : détection précoce et arrachage des plantules et très jeunes arbustes, élimination systématique des arbres adultes avant la maturité des fruits en septembre

- pour éviter l’établissement d’arbres adultes dans les parcelles déjà colonisées par les plantules : réduire les perturbations permettant l’arrivée de la lumière au niveau du sol (espacement des rotations, coupes « pied à pied » plutôt que coupes « à blanc », élimination du Cerisier tardif, conservation d’un sous-étage ligneux)

- pour empêcher l’invasion complète des parcelles présentant déjà des arbres adultes établis : abattage de tous les arbres matures, avec plantation d’essences indigènes tolérant l’ombre et à croissance rapide pour éviter le développement des plantules déjà présentes en sous-bois

- pour les parcelles déjà complètement envahis, il est recommandé d’éliminer tous les individus sur une bande de terrain de plus de 100 m de large le long du front d’invasion, pour au moins réduire l’invasion des parcelles voisines.

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Clé de reconnaissance

Téléchargez une clé pour reconnaître le Cerisier tardif (527 ko)