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La Cabomba de Caroline

Cabomba caroliniana A.Grey, 1848

Cabomba de Caroline (Cabomba caroliniana)

De l’aquarium au Canal du Midi

Statut : plante interdite par la réglementation

Règlement européen n°1143/2014 relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes

 

La Cabomba de Caroline est une plante aquatique des eaux stagnantes à peu courantes. Elle vit complètement immergée dans des eaux peu profondes (environ 3m)  et peut atteindre 10m de long. Elle se distingue de nombreuses plantes aquatiques par ses feuilles opposées. Le découpage des feuilles en filaments fins rappelle la forme d’un éventail. Elle sécrète un mucus collant qui recouvre toutes les parties submergés. Elle peut parfois avoir des feuilles flottantes petites, entières et alternes. Lors de la floraison, une petite fleur (moins de 2 cm), solitaire, à 3 pétales blancs à cœur jaune et 3 sépales, émerge de l’eau au bout d’un pédoncule.

Elle se reproduit de manière végétative. Il suffit d’un fragment isolé avec une paire de feuilles, pour créer une plante mature. Les fragments peuvent être disséminés par le courant mais aussi par les oiseaux aquatiques  ou les activités humaines. Cela lui permet de coloniser rapidement un milieu. Cabomba de Caroline forme des tapis végétaux denses qui bloquent la lumière et provoquent ainsi le recul des plantes indigènes. De plus, leur décomposition diminue considérablement la quantité d’oxygène dissous dans l’eau menaçant ainsi la faune aquatique.

Outre ces impacts sur la biodiversité, Cabomba a aussi des impacts sur les activités dans les milieux aquatiques. D’importantes populations risquent de perturber la navigation, entraver les écluses et les activités de loisirs telles que la pêche. La décomposition de telles populations vient aussi augmenter le dépôt de vase. Cela pourrait entraîner des risques d’inondations plus fréquents dans certaines zones.

Originaire d’Amérique du Sud, la Cabomba de Caroline est très appréciée en aquariophilie pour la délicatesse de son feuillage. Elle est aujourd’hui largement répandue dans le monde (Amérique du Nord, Asie du Sud-Est, Europe de l’Ouest,  Australie, Nouvelle-Zélande). En France, la première observation de Cabomba de Caroline dans un milieu naturel a eu lieu en 2005, à Dijon, dans le canal de Bourgogne. En 2009, on constate une station de Cabomba de Caroline dans le Canal du Midi entre le Pont des Demoiselles de Toulouse et Ramonville-Saint-Agne. Des observations récentes ont également été relevées dans le centre et l’Ouest de la France.  L’espèce s’y est surement retrouvée suite au déversement du contenu d’aquariums.

Présente et envahissante dans de nombreux pays, la Cabomba de Caroline a fait l’objet de plusieurs expériences de gestion, notamment en Australie et aux Pays-Bas.

Plusieurs méthodes ont été testées en Australie comme le recouvrement des populations par un géotextile noir, le dragage ou l’assèchement. Les deux premières ont également été testées aux Pays-Bas tout comme l’enlèvement des sédiments remis en suspension grâce à un jet d’eau sous pression.

Le recouvrement, en surface, des populations par un géotextile noir semble être une méthode efficace. Elle permettrait d’éliminer complètement Cabomba en 120 jours. Mais la privation de lumière pendant un temps aussi long a des effets négatifs sur la faune et la flore aquatique. Cette technique ne peut qu’être utilisée à petite échelle. Une technique alternative pourrait être envisagée : végétaliser les rives afin que celles-ci puissent fournir suffisamment d’ombre pour limiter le développement de la Cabomba de Caroline.

Le dragage est une méthode pour retirer la biomasse mais de nombreux fragments restent ancrés ou sont mis en circulation dans l’eau, servant de support pour la recolonisation du cours d’eau par Cabomba.

L’assèchement des cours d’eau colonisés a été testé pendant l’été en Australie. Cette méthode est adaptée aux zones où le niveau d’eau peut être contrôlé par pompage et où le risque de dispersion par pompage peut être minimisé. La mise à sec doit être totale car la plante peut survivre avec un minimum d’humidité.

L’enlèvement des sédiments et leur mise en suspension par un jet d’eau sous pression semble une technique prometteuse mais qui demande d’être vigilant afin de ne laisser aucun fragment en circulation. Il est difficile d’enlever tous les fragments lorsque des arbustes, arbres ou roseaux poussent sur les rives.

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Références bibliographiques

EPPO, 2017. Cabomba caroliniana (CABCA). https://gd.eppo.int/taxon/CABCA/reporting

FCBN, 2011. Fiche Cabomba caroliniana. http://www.fcbn.fr/sites/fcbn.fr/files/ressource_telechargeable/fiche_cabomba_caroliniana_v2.pdf

GT IBMA. 2016. Cabomba caroliniana. Base d’information sur les invasions biologiques en milieux aquatiques. Groupe de travail national Invasions biologiques en milieux aquatiques. UICN France et Onema. http://www.gt-ibma.eu/espece/cabomba-caroliniana/

LAMAND F., 2015. Espèces exotiques envahissantes des milieux aquatiques et associés en France métropolitaine : recueil de fiches d’identification. Ed. ONEMA Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques. 173p. http://www.gt-ibma.eu/wp-content/uploads/2015/04/Recueil_A4_reduit.pdf

Q-Bank, 2011. A state of the art. Cabomba caroliniana Gray. EUPHRESCO DeCLAIM Final Report. 54p. Disponible sur: <http://www.q-bank.eu/Plants/Controlsheets/Cabomba_State-of-the-Art.pdf>

VAN OOSTERHOUT et al, 2009. Cabomba control manual. Australie. NSW Department of Primary Industrie. 82p. ISBN 978 0 7347 1976 8. Disponible sur : <http://www.dpi.nsw.gov.au/__data/assets/pdf_file/0018/302166/Cabomba-con...

 

Rédactrice : Elise Delacre (CBNPMP)