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Le Buddleja du père David

Buddleja davidii Franch., 1887

Buddleja du père David (Buddleja davidii)

Un arbuste ornemental à la conquête des berges, des lisières et du piémont pyrénéen

 

Le Buddleja du père David est un arbuste ornemental bien connu sous le nom d’Arbre aux papillons, et bien repérable dans le paysage par ses nombreuses inflorescences lilas visibles tout l’été. C’est un arbuste très fourni, de 2 à 5 m de haut, pouvant vivre 20 ans et disposant d’organes ligneux souterrains..

Le Buddleja du père David produit jusqu’à 3 millions de graines par individu entre septembre et décembre. Il produit des graines dès la première année. Ces dernières restent protégées à l’intérieur des fruits sur les rameaux et ne sont relâchées que lorsque les conditions deviennent favorables au printemps. Ce sont des graines de très petite taille. Leur dispersion se fait par gravité à moins de 10 m de l’arbuste d’origine mais l’eau et les véhicules peuvent assurer une dispersion plus grande. Le Buddleja du père David se répand avec succès grâce à une capacité de germination élevée (jusqu’à 1 million de plantules germent par hectare), une levée et une croissance rapide (0,5 à 2 m de croissance de ses branches la première année). Cependant, les graines survivent au plus 5 ans dans le sol.

Le Buddleja du père David investit les berges de rivières, les lisières et clairières forestières et les terrains remaniés (friches urbaines et industrielles, bords de routes et de voies ferrées, murs et décombres, carrières…). Il est aussi particulièrement présent dans le piémont pyrénéen. C’est un arbuste opportuniste qui a besoin d’un climat chaud et humide mais craint la sécheresse et les fortes chaleurs. Il supporte en revanche très bien le gel. Il s’accommode d’une large gamme de sols et s’épanouit en contexte de lumière et de demi-ombre. Ses impacts écologiques sont importants : banalisation du paysage, élimination des plantes locales concurrentes. L’Arbre à papillons attire grâce à son nectar de nombreux papillons généralistes, mais il limite la présence des papillons spécialisés qui ne trouvent plus de plantes hôtes à proximité des massifs denses de Buddleja. Il pose également des problèmes de gestion sur les bords de routes et peut causer des dégâts lorsqu’il s’incruste dans les infrastructures, les bâtiments ou les pieds de mur.

 

Originaire du Centre et du Centre-Ouest de la Chine, le Buddleja du père David y a été découvert en 1869 par un missionnaire français qui lui a donné son nom. En 1893 des graines ont été envoyées à Louis de Vilmorin. L’arbuste est largement cultivé à partir de 1916 en raison de ses qualités ornementales (port érigé, floraison annuelle et prolongée, inflorescences denses et colorées). Très apprécié, il est toujours commercialisé et on trouve pas moins de 90 cultivars sélectionnés. Son expansion aurait été favorisée par les décombres des villes bombardées de la seconde guerre mondiale. Il est mentionné pour la première fois en Midi-Pyrénées, en 1937 à Bagnères de Luchon en Haute-Garonne. Il est aujourd’hui présent dans de nombreuses vallées pyrénéennes et rivières de Midi-Pyrénées.

 

Il est déconseillé de le planter tant dans les jardins que dans les aménagements pour ne pas contribuer à son expansion.

L’arrachage avant fructification est la technique la plus adaptée. Pour les jeunes plants, l’arrachage peut être complété par une revégétalisation. En raison de la densité de la banque de graines au pied des arbustes, il faut veiller à ne pas laisser de sol à nu lors des travaux, au risque de provoquer une germination massive et exclusive de buddleja. La mise en place d’une couverture végétale dense par semis pourra empêcher la germination du buddleja (c’est une pratique utilisée en contexte de replantation forestière).

Pour les vieux sujets, on peut épuiser la plante par des coupes répétées la première année, par exemple trois coupes en période de végétation en avril, juin et septembre. Une seule coupe dans l’année renforce seulement la plante (recépage) au lieu de l’épuiser. On peut compléter par du pâturage l’année suivante. Le pâturage est une technique prometteuse car les feuilles sont appréciées des vaches et des chèvres, et car l’élimination des réserves en azote des feuilles de l’année précédente compromet le renouvellement du feuillage au printemps. Enfin, si une seule coupe est possible, elle peut être accompagnée d’un traitement chimique de la souche, en respectant l’éloignement réglementaire vis-à-vis des rivières, étangs et fossés.

Les rémanents ne peuvent être laissés au contact du sol en contexte humide car ils bouturent facilement. Les hampes fructifères, contenant les graines, peuvent être récoltées jusqu’en septembre puis brûlées sur place ou mises en sac et incinérées ailleurs. Le recueil et la destruction des hampes fructifères en fin d’été, pour ne pas propager de graines, peuvent être facilement mis en œuvre dans les jardins.

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