> Pour aller plus loin
| Inscription Lettre d'information

Les Balsamines asiatiques

Balsamine de l'Himalaya - Impatiens glandulifera Royle, 1833

Balsamine de Balfour - Impatiens balfouri Hook.f., 1903

Balsamine à petites fleurs - Impatiens parviflora DC., 1824

Balsamine de l'Himalaya (Impatiens glandulifera)

Les plantes sauvages privées de leurs insectes pollinisateurs

Les balsamines sont appelées aussi des impatiences car leurs fruits éclatent à maturité au moindre contact, projetant des graines à plusieurs mètres alentour. Les balsamines sont des plantes annuelles qui forment des peuplements denses durant l’été, dans les milieux frais à sols nus. La Balsamine de l'Himalaya (Impatiens glandulifera) est la plus robuste, sa tige atteint 1-2 m, est translucide, rougeâtre et creuse. Le bord de ses feuilles porte de nombreuses glandes qui lui donnent son nom latin. Elle se reconnait par ses grosses fleurs en forme d’outre et de couleur pourpre, qui fleurissent de juillet à septembre. La Balsamine de Balfour (Impatiens balfouri) se caractérise par de petites fleurs bicolores, roses et blanches. La Balsamine à petites fleurs (Impatiens parviflora) est une plante basse, à fleurs jaunes et feuilles dentées.

Les balsamines asiatiques colonisent les milieux frais et riches tels que les berges, les fossés, les lisières, les forêts alluviales et les milieux remaniés.

La Balsamine de l'Himalaya est particulièrement préoccupante. Ses peuplements monospécifiques peuvent produire jusqu’à 32 000 graines/m2, ce qui favorise une dispersion massive. De plus, le long des cours d’eau, elle laisse le sol nu en hiver et favorise l’érosion des berges et la formation d’embâcles avec ses tiges mortes, lors des crues.
Les populations denses de balsamines asiatiques réduisent l’espace et les ressources disponibles pour les autres plantes estivales. Les balsamines modifient également les relations biologiques au sein du sol, au détriment des plantes avec lesquelles elles sont en concurrence.

Il a été montré que les fleurs de la Balsamine de l'Himalaya ont une production de nectar sucré plus forte que celles des plantes d’Europe. Il en résulte que ces fleurs détournent les insectes pollinisateurs des plantes sauvages en fleur. Ne favorisez pas l’installation de la Balsamine de l'Himalaya.

Originaire de l’Himalaya à plus de 1800 m d’altitude, la Balsamine de l'Himalaya a été introduite en Europe au XIXème siècle, comme plante ornementale et mellifère. Elle se serait naturalisée rapidement en bord de cours d’eau. Elle est signalée pour la première fois en Midi-Pyrénées dans la vallée de Luchon en 1911 à Cierp-Gaud (Haute-Garonne). On rencontre des populations très importantes dans le piémont pyrénéen et le long de certains cours d’eau. Dans la montagne pyrénéenne, elle pourrait bénéficier du réchauffement climatique pour progresser en altitude.

Les autres balsamines viennent d’Asie. La Balsamine de Balfour a été cultivée au Jardin des plantes de Montpellier en 1901 et s’en est échappée dès 1906. Elle est aujourd’hui bien présente en Midi-Pyrénées, notamment le long de la Garonne. La Balsamine à petites fleurs s’est échappée du Jardin botanique de Strasbourg en 1870 et a colonisée le Nord-Est de la France et sa présence est encore mal connue sur le territoire Midi-Pyrénées.

En raison des difficultés de gestion et des impacts, il est déconseillé de planter les balsamines asiatiques.

Il s’agit de plantes annuelles qui doivent être arrachées ou coupées avant floraison (fin juillet pour les balsamines de l'Himalaya et de Balfour, fin juin pour la Balsamine à petites fleurs) pour empêcher la fructification et épuiser la banque de graines du sol.

Une fauche trop précoce permet à la plante de repousser, une fauche trop tardive permet aux graines d’arriver à maturité, le choix de la période est donc important. Il est recommandé de faucher les plantes sous le premier nœud pour éviter les risques de reprise.

Dans la mesure du possible, sécher les résidus sur place pour ne pas risquer de multiplier les foyers, en veillant à ne pas laisser les tiges à même le sol pour éviter la reprise. Il est possible de composter s’il n’y a pas de graine, sinon prévoir l’incinération des résidus. Après intervention, nettoyer sur place les engins utilisés pour éviter la propagation de graines d’un chantier à l’autre.

Le pâturage bovin et ovin permet de contenir le développement de la Balsamine de l'Himalaya.

Une expérience de contrôle biologique est menée sur la Balsamine de l'Himalaya en Angleterre avec un champignon pathogène spécifique de cette plante. C’est le premier test en Europe de contrôle biologique pour une plante exotique envahissante.

Contribuez au réseau de surveillance des plantes exotiques envahissantes

Transmettez vos observations et signalez les foyers problématiques

Clé de reconnaissance

Téléchargez une clé pour distinguer les balsamines (206 ko)